
non daté [1962-1963], ex. unique.
– 56 p. ; 27 x 20 x 6,5 cm ; (Q) – album photo, 54 clichés ; texte autographe, «aux petits points», lettres capitales, encre blanche sur canson gris ; retranscription dactylographiée.
– couv. toile enduite bordeaux ; 26 planches, carton fort gris, ajouré.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 066 23.
Détails
26 planches de carton fort gris, ajourées de part en part (2 ajours par page, orientation paysage, encadrement bandeau anthracite).
Couverture en toile enduite bordeaux ; garde de carton fort gris ; très bon état.
54 photographies de scènes diverses (paysages, village, fête, voitures, rivière, mer, années 1860) ; pour la plupart, format carte de visite, d’autres légèrement plus petites.
Poème autographe en capitales, «aux petits points», à l’encre blanche sur canson gris, épais et granuleux (couleur très proche des planches de l’album) ; certaines lettres en caractère gras ; feuillet mobile de papier «Extra Strong Laser Jet» 80g filigrané, dactylographié, retranscrivant le texte, intercalé entre les deux dernières pages (caractères gras soulignés) ; textes manuscrits, à même l’album, au crayon de graphite sous la majorité des feuilles canson grises (invisible sans retirer les feuillets canson).
Ce texte emploie un ressort classique de l’œuvre de Ghérasim Luca, employé dès 1953 dans Héros-Limite (éd. Le Soleil Noir) : «Olga / dont le / g / spécifique se dissout / tautologiquement / dans l’océan du vertige de l’éclair du cheval / calligraphique / de / mon / L / initial» («Initiation spontanée», p. 59). Le Chant de la carpe (Le Soleil Noir, 1973) développe cette dynamique dans «Le Verbe», pour qu’enfin les Paralipomènes (1976), écrits dans les années 60, en fassent un principe cardinal. Le syntagme, décomposé ad nauseam, sature l’espace du poème pour faire de chaque fin de texte une éruption.






Transcription
«TIR À L’ARC-ENFER /// LA VOIE-VOIX «SÈCHE» /// L’«S» / SERPENTE / EN TÊTE DE / «FLÈCHE» /// «S» EN «FL» /// EIFFEL SOUPLE /// TOUR EN SPIRALE /// «L» / D’UNE «MÈCHE À TÊTE D’«L» // (VERBE) /// «L» EN «FLAMME» / AILE EN «FEMME» /// «L» AIME «M» /// AMOUR À ÉCHO /// «L» «M» /// «L» L’«M» /// «L» L’«M» /// ÉCHORPS DE LETTRE /// FILS / DE / VEUVE // FILLE / DE VEUF / EN «TÊTE À TÊTE» SANS «T» NI «É» À SANTÉ NIÉE /// [retranscription dactylographiée]»
Références
La dernière phrase fait écho aux suites des Paralipomènes (éd. Le Soleil Noir, 1977), p.84-88, comprenant à chaque fin de page la notation suivante : «La supérieure virgule ( ’ ) / Le supérieur inconnu ( ) / en «tête à tête» / sans «t» ni «é» / à santé niée». Cette ritournelle s’accompagne de prémices analogues à ce texte, où un jeu de mot est retourné dans tous les sens jusqu’à échouer sur sa sentence finale. Tout se passe comme si TIR À L’ARC-ENFER était une extension possible de ce dispositif ou une suite envisagée de la section «Paralipomènes». Il en va de même pour les textes L’ANGE «JE», «À» et L’OBJET DU REFUS.
Le jeu entre le «L» et le «M», qui peut faire référence à (Ghérasim) «Luca» et «Micheline» (Catti), se retrouve abondamment dans l’album Monsieur Paris.
Il est fait référence à «L’ARC-ENFER» dans les albums TIR À L’ARCANE MAJEUR et Zéro coup de feu.
«FILS DE VEUVE / FILLE DE VEUF» fait écho à l’album NI FILS DE VEUVE (10’).
Ils renvoient tous deux à un des «sémaphorismes» de 1960, «Ni fils de veuve», Sept slogans ontophoniques (José Corti, 2008), p. 63 :
«NI FILS DE VEUVE / ENTRE TENUE / PAR LA FILLE DU VEUF / NI FILLE DE VEUF / ENTRE TENUE / PAR LE FILS DE LA VEUVE // AMOUR DE L’OR FÉLIN».

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