LE CRI-TAIRE – Ghérasim Luca

non daté [1962-1963], ex. unique.
– 38 p. ; 28 x 22 x 7 cm ; (H’) – album photo ; texte autographe, mine de graphite, lettres capitales, sur papier beige ; retranscription partielle dactylographiée.
– couv. basane noire ; 17 planches, carton fort ajouré.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 065 23.

Détails

Album photo de 17 planches de carton fort ajourées de part en part (1 ou 4 fenêtres par page).

Textes autographes, lettres capitales, crayon de graphite, sur 16 feuilles fines beige ou canson granuleux beige (format carte de visite ou cabinet) insérés dans les ajours, et deux notations sur l’album ; dernière notation au recto de la dernière garde, autographe, mine graphite, minuscules ; feuillet mobile dactylographié, retranscription partielle du poème.

Couverture en basane noir ; fermoir métallique absent ; gardes en carton fin vert, imprimés végétaux et dorures.

Photographies de famille fin XIXe siècle format cabinet ou carte de visite (nombreuses redondances, avant dernière photo retournée) ; une carte postale format carte de visite, découpage de silhouette noir sur blanc ; tranches dorées.

Textes autographes, lettres capitales, crayon de graphite, sur 16 feuilles fines beige ou Canson granuleux beige (format carte de visite ou cabinet) insérés dans les ajours, et deux notations sur l’album ; dernière notation au recto de la dernière garde, autographe, mine graphite, minuscules ; feuillet mobile dactylographié, retranscription partielle du poème.

«L’auto-sabotage comme un des beaux-art de v’ivre» est une phrase programmatique pour la lecture des albums de Ghérasim «(LOUP) K». Elle cerne la dimension introspective de son travail, toujours entrecoupée d’humour et d’impossibilité à se dire autrement qu’au miroir anachronique des portraits d’autrui. Outil de démystification du «POÈTE MAUDIT» et glace déformante, l’album photo informe et détourne, contre le confort du «MOT-DIT».

Transcription

«LE CRI-TAIRE /// DE MONSIEUR… /// (LOUP) /// …K /// AU K BARRÉ * /// * MONSIEUR / ZÉRO /// «PAUL /// BOURGET /// EN… » /// [robe peinte en bleu et décor en rouge/vert] /// … CALE-SON /// FAUSSER / LE POÈTE MAUDIT /// (HAUT DE FORME /// BAS FOND) /// EFFACER / LE MOT DIT /// [photographie abîmée au niveau du cou] /// [mention manuscrite en minuscule sur le recto de la dernière page de carton fin :] L’auto-sabotage comme un des beaux-art de v’ivre /// [sur feuillet volant : retranscription dactylographiée ; manuscrite pour la dernière phrase]»

Références

Si on ne note pas de ressemblances majeures entre cet album et les Paralipomènes (éd. Le Soleil Noir, 1977), des éléments de lexique font remarquer des interrogations communes :

Paralipomènes, p. 29 : «LE POÈTE MAUDIT / … le monde» > «FAUSSER LE POÈTE MAUDIT»

Paralipomènes, p. 57 : «CRIER TAIRE SOURIRE FOU» > «LE CRI-TAIRE».

Paralipomènes, p. 69 : «V’ivre l’apocalypse / c’est v’ivre la vie manquée» > «L’auto-sabotage comme un des beaux-art de v’ivre».

Remarques

La communication s’établit surtout avec d’autres albums. «À» (photo renversée); LE MORT EN COLÈRE; À BRAS OUVERT MAIN COUPÉE (retranscription dactylographiée). Ces proximités attestent l’idée d’une continuité chronologique entre albums, mais permettent également de voir se dessiner un projet commun entre les albums d’une même période (cf. organisation par pastilles numérotées, ils sont respectivement identifiés comme : C’, D’, E’ et H’).