DROIT DE REGARD SUR LES IDÉES (vol. 1) – Ghérasim Luca

non daté [1962-1967], ex. unique.
– 104 p. ; 19 x 15 x 6 cm ; (ø) – album de cartes postales, 52 cartes ; texte autographe, écriture cursive, mine de graphite sur dos de cartes.
– couv. percaline crème ; 50 planches, papier fort gris avec encoches.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 081 23.

Détails

Album de cartes postales de 50 planches de papier fort gris, deux encoches à chaque coin.

Couverture en percaline crème, gaufrage typographique «cartes postales» et motifs floraux peints (violet, vert, brun), tachée et brunie, dos décollé, volume à demi déboîté, quelques réparations d’époque au scotch sur les encoches arrachés ; gardes papier fort gris.

52 cartes postales des années 1910-1920 réunies en séries suivies de détails de lieux (Bibliothèque Nationale puis Palais de la Femme puis Cours Dupanloup).

Textes autographes, écriture cursive, à la mine de graphite, sur 48 cartes postales retournées (dont une laissée vierge), reproduction de la première moitié du texte homonyme publié par Brunidor en 1967, «illustré par Micheline Catty».

Inscriptions horizontales ou verticales selon l’orientation de la carte en vis-à-vis ; page de titre autographe à la mine de graphite, en lettres capitales ; agencement presque régulier des manuscrits et photographies, avec, pour chaque double page, une carte postale et une carte retournée manuscrite au dos, sauf pour la première avec une carte volante en vis-à-vis du titre, quatre doubles pages réservées aux photographies, et une double page réservée aux textes.

[présentation sur la fiche du vol. 2]

Transcription

«GHERASIM LUCA // DROIT DE REGARD / SUR LES IDÉES // ILLUSTRÉ / DE / TROIS CHAMBRES PEINTES / PAR / MICHELINE CATTY /// Dans une des régions / les plus raréfiées de l’esprit /// où je campais au pied de la lettre /// à une altitude de nul pied /// plane / un petit nombre d’idées / très particulières /// qu’il eût été dommage / de ne pas saisir /// au vol de mes distractions /// [passage à lecture horizontale] Je faillis ne pas les apercevoir / tant elles étaient creuses / au milieu d’oublis / et de vertiges sans noms /// Une d’entre elles / attira notamment mon attention /// non pas pour / la beauté de sa démarche /// d’une indistinction certaine /// [lecture verticale] mais à cause de ses yeux longs et minces / que j’ai pris pour des antennes de sauterelle /// [horizontale] Je me penchais alors /// et reconnus / une de ces idées / à capuchon vert / qui prennent les hommes / au dépourvu /// Elles ne sont pas égarantes / au contraire /// mais le traitement qu’elles font subir / aux penseurs est si étrange / qu’il faut décrire en détail / le dispositif destiné à les capter /// La paupière du milieu / car elle en a plusieurs /// est inclinée en arrière / à la base /// en sorte qu’elle se trouve / tout contre / la paupière supérieure / et lui est partiellement / accolée /// Deux paupières latérales / sont réunies / sur la moitié / de leur longueur /// de manière à former / comme une fourchette / dressée en l’air /// C’étaient les extrémités / effilées de celle-ci / que j’ai pris pour / les antennes d’une sauterelle /// La prunelle encapuchonnée / s’appuie sur elles /// Ainsi tout l’œil de l’idée / se présente dans la position / inverse du regard /// Il semble également / en veilleuse / car il ne s’ouvre que / rarement /// L’acte de regarder / s’accomplit à l’intérieur / de manière fugitive / et constante /// et lorsqu’il s’accomplit / ne fait que s’avancer / entre les fourchettes /// On ne s’attendait certes pas / mais c’est pourtant à cet endroit / que s’est posé naturellement / mon regard / car il n’y a pas d’autre voie / pour y pénétrer /// L’irritabilité / en fut extrême /// Même / le souffle d’une pensée /// ou / un minuscule / battement de cœur /// le font se retirer / à l’intérieur / comme mû par un ressort /// entraînant / le regard du penseur /// et obturant encore plus / la lourde trappe mentale /// A peine aspiré au fond de l’œil / mon regard entreprit / de se frayer un chemin / vers le haut /// Il fait plus clair / au sommet / là où les extrêmités / des paupières / sont repliées / sur elles-mêmes /// C’est sans doute la raison / pour laquelle j’ai pu voir / mon regard ramper / dans toutes les directions / à la fois /// le seul moyen d’y parenir / étant de n’y plus penser /// [double page photos] /// [double page photos] /// Il n’y avait pas beaucoup / d’espace /// à l’intérieur de l’idée /// Un regard / même de toute petite taille / ne progresse qu’avec peine /// et / tout en grimpant / est induit / d’un fluide léger / que ses mouvements secrètent abondamment /// Toute cette étrange manoeuvre / qui recommencera aussitôt / dans l’autre œil /// ne donne lieu / apparemment / à aucun échange de vues /// [double page de textes, «Post Card frith’s series», lettrage imprimé style art nouveau, manuscrit centré, seule occurrence] Il se peut cependant /// que nos regards trouvent / au double fond de l’œil / quelque peu d’une secrétion visionnaire [fin double page] /// [double page de photos identiques] /// Espérons / que cette compensation / au moins / leur soit accordée /// [double page de photos identiques] /// [carte retournée non écrite, rien en vis-à-vis, fin]»

Références

Le texte de l’album est le même que celui de la première publication du «Droit de regard sur les idées», chez Brunidor en 1967, puis des Paralipomènes (éd. Le Soleil Noir, 1976), p. 9. Il est scindé en deux volumes dans les albums. Quelques variantes sont à noter.

Remarques

Sur la troisième carte postale, «GALERIE MAZARINE – Façade sur la rue Vivienne», notation autographe : «où habita Isidore Ducasse» (Comte de Lautréamont, poète dont l’œuvre et l’attitude est très en vogue chez les Surréalistes).

Variantes majeures

Quelques différences avec l’édition au Soleil Noir, reproduite ensuite chez José Corti et Gallimard, détails de graphie (choix ponctuation en lien avec le dispositif, accents, changement léger de conjugaisons ou de syntaxe). Trois changements intéressants, à gauche le manuscrit de l’album, à droit l’édition courante :
– «Le dispositif destiné à les capter» > «Le dispositif destiné à les captiver» ;
– «Il n’y avait pas beaucoup / d’espace /// à l’intérieur de l’idée» : passage mis entre parenthèses dans les éditions courantes ;
– «Un regard / même de toute petite taille / ne progresse qu’avec peine /// et / tout en grimpant / est induit / d’un fluide léger / que ses mouvements secrètent abondamment» > paragraphe remplacé par «Arrivé en haut / il se frotte nécessairement / contre soi-même / et reste le plus attaché / à sa manière de voir / qui n’est plus tout à fait la même».

Particularités

Seul album en deux volumes.

DÉLIT DE DÉLIVRANCE – Ghérasim Luca

non daté [1962-1963], ex. unique.
– 104 p. ; 18 x 15 x 6 cm ; (5) – album de cartes postales ; texte autographe, lettres capitales, mine de graphite sur 38 bandes de Canson ivoire.
– couv. simili cuir ; 50 planches, papier fort.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 080 23.

Détails

Album de cartes postales, 50 planches de papier fort gris, deux encoches à chaque coin.

Couverture simili cuir bleu d’eau et noire, étiquette papier déchirée au dos ; gardes en papier fort gris ; autocollant «F» à côté de la pastille entre couverture et première garde.

Cartes postales diverses (chiens, illustrations de thèmes récurrents de la poésie de Ghérasim Luca, cartes avec toponymie en légende référant à l’imaginaire de l’enfer), première carte légendée «Béziers – Plateau des Poètes».

Textes autographes, lettres capitales à la mine de graphite, sur feuillets de Canson ivoire, insérés dans les encoches et orientés, suivant le sens des cartes postales en vis-à-vis, verticalement ou horizontalement.

Dimensions et nombre des feuillets : 8,9 x 4 cm pour les 25 bandes horizontales (lecture orientation portrait), 13,8 x 2,3 – 5,6 cm pour les 13 bandes verticales (lecture orientation paysage) ; répartition de l’album en deux parties, 33 premières planches agençant systématiquement textes et images, enchâssement propre, logique réglée, 5 planches vides, puis les 12 dernières planches sont plus chaotiques, feuillets déchaussés, intercalés dans la reliure ; page de titre en dernière page, sur feuille ivoire fine format carte postale.

Graphie de certains E en E ouvert (Ɛ).

Entre les «CRIMES sans initiales» (La Proie s’ombre, José Corti, 1991, p. 58) et le «délit d’être» (Le Chant de la carpe, Le Soleil Noir, 1973, p. 78), le «DƐLIT DƐ DƐLIVRANCE» s’annonce comme l’impératif d’une violence en amont de toute entreprise de libération. Jouant à l’orée du lisible et de l’aberration (sonore et visuelle), Ghérasim Luca travaille à une «formule extatique de la révolte» (L’Extrême-occidentale, éd. Meyer, 1961) qui lui permettrait de se libérer d’un emploi policé de sa langue. Révolte dans la langue, donc, mais en cela ontologique et à la faveur d’une mise en déroute généralisée de la pratique du poème.

Transcription

(quand l’Ɛ manuscrit prend un accent que nous ne pouvons pas reproduire ici, il est souligné)

«MOT-VALISE : / LIBÉRATION /// LIE /// ABERRATION /// LI(Ɛ)-(A)BƐRRATION / FIN ƐT COMMƐNCƐMƐNT ABOLIS / LIBÉRATION /// DÉLIT DƐ DƐLIVRANCE /// LIE /// ABƐRRATION /// LIBƐRATION /// DƐLIT DE DƐLIVRANCE /// LIƐ /// ABERRATION /// LI(Ɛ)-(A)BƐRRATION / SANS FIN NI COMMENCEMENT / LIBƐRATION /// DƐLIT DƐ DƐLIVRANCE /// LIƐ /// ABƐRRATION /// LI(Ɛ)-(A)BƐRRATION / SANS QUƐUƐ NI TƐTE / LIBƐRATION /// DƐLIT DƐ DƐLIVRANCE /// LIƐ /// ABƐRRATION /// LIBƐRATION /// [double page blanche] /// D’ƐCRITEUR /// À ILLUSTRATIF /// LES CRIS VAINS /// D’ILLUSTRATIF /// À L’ƐCRITEUR /// DESSINS À LA MAIN /// DES SEINS À LA MAIN /// LA MAIN À LA BOUCHƐ /// LA BOUCHƐ À L’ORƐILLƐ /// L’ORƐILLƐ SANS «ORƐƐ» / (OEIL) /// L’ORƐƐ AU CŒUR DU BOIS MƐME / BOIT / (JEU DƐ L’ƐCHO) / S’ƐVE /// [5 pages vides] /// AIR À VOILE /// AYANT / L’ƐAU MƐMƐ POUR BOIS /// POUR COMBUSTION /// LA NAVIGUATION /// POUR NAVIGUATIF /// ƐT LƐ NAVIGUATƐUR /// POUR NAVIGATRICƐ /// [une page vide] /// [page de titre :] DƐLIT / DE / DƐLIVRANCƐ»

Références

«LES CRIS VAINS», notation présente dans la partie centrale du texte, est le titre d’une des sections des Paralipomènes (éd. Le Soleil Noir, 1976), p. 32.

«LES CRIS VAINS» est en outre le titre de l’album LES CRIS VAINS. Ces deux albums sont chronologiquement proches (respectivement n°5 et 9) et comportent certaines caractéristiques communes : présence des E ouverts (Ɛ) et même jeu sur les légendes de cartes postales relatives à l’enfer.

Remarques

Comme dans la majorité des albums de carte postale, Ghérasim Luca semble profiter du plus grand nombre de pages dont il dispose pour troubler la lecture du livre par des répétitions sur de longues périodes et des variations ténues.

Trois textes cohabitent sous le programme que constitue «DƐLIT DƐ DƐLIVRANCE» : «MOT-VALISE : / LIBÉRATION» ; «D’ƐCRITEUR /// À ILLUSTRATIF» ; «AIR À VOILE». Trois textes de plus en plus courts offrant une suite sur la même logique de découpe et de variation obsessionnelle.

Organisation des photographies

Première carte : «Béziers – Plateau des Poètes».

Puis cartes montrant des chiens, dont la plupart issues de la «réunion des amateurs du chien de défense & de police en france».

Période creuse, 2 pages vides.

Puis cartes vaguement liées au propos du texte en vis-à-vis (grottes, chevaux, statue sein nus, militaire décoré, «carte postale de 12000 mots»).

Puis suite de trois cartes représentant une femme lascive, un poème amoureux en légende pour chaque carte.

Période creuse, 5 pages vides.

Enfin, 6 cartes, les deux premiers tiers sont des espaces forestiers et parcs avec connotation religieuse et infernales par le nom des localités («Château du moulin Fidèle», «Au Thabor. L’enfer», «Allée du diable», «Allée du Dante») puis deux points d’eau.

NI FILS DE VEUVE – Ghérasim Luca

non daté [1962-1963], ex. unique.
– 58 p. ; 18 x 15 x 8 cm ; (10’) – album photo, 35 clichés ; texte autographe, lettres capitales, «aux petits points», encre blanche sur canson noir ; retranscription sur canson noir, même technique.
– couv. cuir brun frappé ; 25 planches, carton fort ajouré.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 086 23.

Détails

Album photo de 25 planches de carton fort ajourées de part en part (1 fenêtre par page, ajours rectangulaires ou ovales).

Couverture en cuir brun frappé, initiales «F.F» sur le premier plat, dos partiellement décollé, coiffe supérieure détachée, cuir usé ; fermoirs métalliques absents ; tranches dorées ; fenêtres encadrées par une dorure ; gardes en carton fin, doublé d’un papier blanc moiré et strié, deuxième garde de carton fin, «Album» calligraphié style victorien.

35 photographies fin XIXe siècle, dont 5 format cabinet, collées sur les planches, et 30 format carte de visite insérées dans les ajours, parfois collées dans leur position ; première photo collée dans l’ajour, excentrée, laisse paraître carton gaufré argenté, «laveuve verdun» ; une double page comprend un portrait ovale d’enfant, collé sur Canson noir apparent, et un portrait de jeune femme, collé à l’encadrement et sur un Canson noir, plus petit format que les autres, positionné en bas du cadre, donne l’impression qu’il tombe de l’ajour ; portrait divers, photos de famille, de soldats, une vieille dame assise.

Texte autographe en lettres capitales, «aux petits points», à l’encre blanche, sur 11 feuillets de canson noir granuleux, format carte de visite insérés dans les ajours vides, feuillet final laissé vierge.

Retranscription du texte sur feuillet Canson noir oblong, coupé grossièrement, glissé en dernière page, même technique d’écriture.

5 occurrences de textes écrits en capitales à la mine de graphite sous les feuillets de Canson noir, dont première page, sur feuillet fin de papier beige (repères de brouillon, non visibles sans bouger les feuillets).

Si les deux dernières planches donnent à voir des familles, c’est bien la solitude potentielle de ces «FILS DE VEUVES» et «FILLES DE VEUFS» en puissance qui imprègne les photographies de cet album. Du moins, c’est ce que suggère ironiquement la signature laissée visible sous la première photographie de soldat : «LAVEUVE VERDUN».

Transcription

«ALBUM /// NI /// FILS DE VEUVE /// ENTRE /// TENU /// PAR / LA FILLE DU VEUF /// NI / FILLE DE VEUF /// ENTRE /// TENUE /// PAR / LE FILS DE LA VEUVE /// AMOUR DE L’OR / FELIN /// [Canson vierge, puis retranscription]»

Références

Même texte que «Ni fils de veuve», Sept slogans ontophoniques (José Corti, 2008), p. 63, dont suit une transcription :
«NI FILS DE VEUVE / ENTRE TENUE / PAR LA FILLE DU VEUF / NI FILLE DE VEUF / ENTRE TENUE / PAR LE FILS DE LA VEUVE // AMOUR DE L’OR FÉLIN»

Remarques

Particularités

Un jeu graphique est mis en place avec les photographies. Pour certaines, l’encadrement de l’album est déchiré pour laisser paraître la signature du photographe ou son gaufrage décoratif, pour d’autres, elles sont collées en pleine page, en outre, l’une d’elles est coupée pour mimer son enfoncement dans son encadrement.

Organisation des photographies

Hommes, dont soldats, et garçons.

Femmes et filles.

Les deux mêlés, jusqu’à aboutir à une photo de mariage d’un soldat en costume militaire, puis une photo de famille d’un autre soldat jeune et enfin une vieille femme seule, assise.

« MOT » – (SANS QUEUE NI TÊTE) VALISE – Ghérasim Luca

non daté [1962-1963], ex. unique.
– 32 p. ; 23 x 19 x 6 cm ; (N’) – album photo, 34 clichés ; texte autographe, «aux petits points», lettres capitales, encre blanche sur Canson noir ; 27 dessins «aux petits points».
– couv. cuir noir ; 15 planches, carton fort gris ajouré.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 071 23.

Détails

Album photo de 15 planches de carton fort, grises ajourées de part en part (1 ou 2 fenêtres par page).

Couverture cuir à gros grain, noir ; fermoir métallique complet et fonctionnel ; coins renforcés, emblème centrale et cabochons métalliques ; tranches dorées ; reliure partiellement décollée, premières et dernières pages mobiles ; une seule garde au début du livre, carton fin, jauni, motif bouquet de fleur, détachée de la reliure ; degré d’usure important.

34 photographies et illustrations XIXe siècle, portraits (hommes, femmes, enfants, seul ou à deux) agencées par ressemblance, degré d’usure ou par doublons.

Textes autographes en capitales, «aux petits points», à l’encre blanche sur 16 feuillets de Canson gris granuleux, découpés au format carte de visite ou cabinet en fonction des ajours, variations entre caractère de corps gras ou maigre.

Cet album mène aux portes de l’humour potache. Qu’il s’agisse de la dernière page grivoise ou de la source extravagante pour convoquer Virgile, un pas semble séparer l’énigme de la blague. Un lieu d’explication propre au surréalisme, peut-être : l’humour amoral pour que la «MORT RÂLE». Autrement dit, une manière de regarder la mort dans les yeux par les détournements comiques et les déplacements dans le langage (voir Dominique Carlat, «La postérité de l’humour», Ghérasim Luca l’intempestif, José Corti, 1998 p. 354).

Transcription

(en gras, les caractères manuscrits en corps gras dans l’album) :
« «MOT» – / (SANS QUEUE NI TÊTE) / VALISE /// SUIVI DE / «MOTS» / (SANS TÊTE NI JAMBES) / RENVERSÉS /// À DOUBLE FOND /// FLEUR /// FLÈCHE-HEURE /// FOU /// OUF /// FEU /// OEUF /// MORT /// RÂLE /// LE BOEUF / MUE / GIT /// «… MAIS IL A LE REPOS, L’AIR / LA PAIX EN TOUS LIEUX, // LA BONNE VIE À QUI / L’ON A FAIT CONFIANCE // DES GROTTES ET DES EAUX / LA FRAICHE SOURIANCE // ET LE BOEUF QUI MUGIT…» // VIRGIL / (GEORGIQUE, II, 458) /// EXTRAIT DE / «CAMPAGNE ET JARDINS» / REVUE ÉCONOMIQUE FRANCO-SUISSE / NUMÉRO 3 – 1960 /// ENTRE «CLOÎTRE ET LATRINE» / DONT PARLAIT / (BOSQUET, LE MONDE) // LA «CONCUBINE» / SANS CON NI QUEUE // DE L’AUTRE CÔTÉ»

Références

Le procédé d’écriture (encre blanche sur canson gris) est identique à l’album TIR À L’ARC-ENFER.

On trouve un certain nombre d’accointances entre ce texte et la deuxième suite de la section «Paralipomènes», Paralipomènes (éd. Le Soleil Noir, 1976), p. 87 : «mot-valise à triple fond […] apostrophe de «fond»… / ou de «mort», / sans queue ni tête» > ««MOT» – / (SANS QUEUE NI TÊTE) / VALISE /// SUIVI DE «MOTS» / (SANS TÊTE NI JAMBES) / RENVERSÉS /// À DOUBLE FOND».

Comme indiqué par Ghérasim Luca, le poème cité est de Virgile et se trouve bien dans le N°3 de 1960 de la «Revue économique franco-suisse», p. 126. Suit, le poème intégral, en gras la partie citée par Luca :

« Oh ! trop heureux vraiment, s’il savait son bonheur,
Serait le paysan ! Sans querelle et sans heurt,
Terre vient le combler de toute subsistance.
Il n’a point de palais dont la fière apparence
Cache mal le flot noir des clients agités.
Il ne peut caresser les panneaux incrustés,
Les lourds tapis dorés ni les bronzes d’Ephy,re.
De laine sans teinture il lui faut se suffire
Et l’huile à la cannelle est trop chère à ses yeux.
Mais il a le repos, l’air la paix en tous lieux,
La bonne vie à qui l’on a fait confiance,
Des grottes et des eaux la fraîche souriance,
Et le boeuf qui mugit
, et le somme à midi
A l’ombre du vieux tronc, mollement assoupi.
Il débûche au fourré le sanglier sauvage,
Durcit patiemment sa jeunesse à l’ouvrage,
Apprend l’austérité des fiers renoncements,
Et le respect des dieux et l’amour des parents,
C’est chez lui que Justice aurait vécu sur terre…!»
(Géorgiques II 458)

L’ANGE «JE» – Ghérasim Luca

non daté [1963-1970], ex. unique.
– 34 p. ; 17 x 13 x 4 cm ; (21’) – album photo, 20 clichés ; texte autographe, mine de graphite sur l’album et encre blanche «aux petits points» sur canson noir.
– couv. cuir rouge frappé ; 15 planches, carton fort ajouré.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 077 23.

Détails

Album photo de 15 planches de carton fort, ajourées de part en part (1 fenêtre par page).

Couverture de cuir rouge frappé, tranches dorées ; fermoirs métalliques absents, trois des quatre tenants restent mais pas les accroches ; gardes en papier fin strié et gondolé.

20 photographies fin XIXe, format carte de visite, différents portraits (hommes, femmes, femmes âgées, bustes ou plain-pied, assis et debout) ; seules les trois photographies issues du photographe A. C. BAUDELAIRE ont le verso visible (pas de photo ou de feuillet de l’autre côté de l’ajour), elles sont significativement disposées, en première page (de dos, de sorte que la première page fasse paraître «Baudelaire») et en double page entre les pages 3 et 4.

Quelques photographies légèrement modifiées au stylo à bille noir ou à la mine de graphite.

Pour les deux premiers tiers de l’album : texte autographe, à la mine de graphite, en capitales, sur la partie inférieur des doubles pages, à cheval sur le pli central ; à partir du dernier tiers de l’album : texte autographe, «aux petits points», en capitales à l’encre blanche sur 6 feuilles de papier canson noir, format carte de visiste, inséré dans les ajours sans photos ; dernier ajour : rempli au verso par un feuillet de canson noir vide.

Retranscription du poème en capitales à la mine de graphite sur le recto de la dernière garde.

Le «,,JEU’’ sans ,,U’’ /// (NI ,,T’’) de L’ANGE «JE» est un jeu de piste en déroute. L’unité de l’album, du texte, du sens et du rapport qu’engagent texte et photographie, est mise à mal par l’irruption spontanée des données, qui à la fois s’attirent entre elles et se repoussent. «Tu» et «je» s’emmêlent, dans ce jeu que l’album suivant (DÉ-MONOLOGUE HORS DE SOI, n°22’) annonce comme une «SCIENCE DE LA PERTE / DE SOI».

Transcription

(« | » = indique un passage de la page de gauche à la page de droite ; le texte souligné dans la transcription est écrit aux petits points blancs sur noir)

« L’ANGE «JE» /// ENJEU | PURULENT /// TUE | SANTÉ /// ,,J | E‘‘ / EN | ,,JEU‘‘ PUR /// ,,U‘‘ | LENT /// (,,TU‘‘ SA | NS ,,T‘‘) /// ,,JEU‘‘ S | ANS ,,U‘‘ /// (NI | ,,T‘‘) /// SANS « JE » /// NI « TU » // LA SUPÉRIEURE / VIRGULE / ( ’ ) /// LE SUPÉRIEUR / INCONNU / ( ) / EN / « TÊTE À TÊTE » / SANS « T » NI « É » /// À SANTÉE NIÉE /// [retranscription autographe, mine de graphite, au recto de la dernière garde :] ENJEU PURULENT / TUE SANTÉ / ,,JE‘‘ / EN ,,JEU‘‘ PUR / ,,U‘‘ LENT / (,,TU‘‘ SANS ,,T‘‘) // ,,JEU‘‘ SANS ,,U‘‘ / (NI ,,T‘‘) // SANS ,,JE‘‘ NI ,,TU‘‘ // LA SUPÉRIEURE VIRGULE ( ’ ) / LE SUPÉRIEUR INCONNU ( ) / EN ,,TÊTE À TÊTE‘‘ / SANS ,,T‘‘ NI ,,É‘‘ / À SANTÉE NIÉE»

Références

L’ANGE «JE» paraît être une version réduite de «Paralipomènes (fin)», Paralipomènes (éd. Le Soleil Noir, 1976), p. 88. Ci-dessous, la transcription de «Paralipomènes (fin)», en gras, les passages communs :
«PARALIPOMENES (fin) // enjeu purulent tue santé / «je» / en «jeu» pur «u» lent («tu» sans «t») / sans «je» ni «tu» // non-androgyne, la rebelle gynandre / apostrophe l’utopie établie // en «je» qui se perd en «jeu» / «u» seul survit (sur-vie) / «u» pur et lent (pur élan) / éperdu en «tu» sans «t» // «u» chute à vol d’oiseau (-mouche) / «u» chut! en air’ d’aigle-foie // La supérieure virgule ( ’ ) / Le supérieur inconnu ( ) / en « tête à tête » / sans « t » ni « é » / à santée niée».

– «EN / «TÊTE À TÊTE» /// SANS «T» NI «É» // À SANTÉ NIÉE» est une notation récurrente dans les albums, qu’on retrouve dans les albums APOSTROPHE D’ÊTRE, TIR À L’ARC-ENFER et L’OBJET DU REFUS.

Remarques

Le seul passage exclusif à L’ANGE «JE» est le suivant : «,,JEU’’ sans ,,U’’ /// (NI ,,T’’) /// SANS «JE» /// NI «TU»».

L’emploi des différents guillemets correspond à des différences de techniques d’écriture. Les guillemets [,,’’] sont utilisés en Roumanie, les [«»], sont dits «à la française».

Particularités

La première partie du texte est manuscrite à la mine de graphite en bas de page, à cheval sur le pli central.

Changement de technique, du manuscrit à la mine de graphite au manuscrit «aux petits points» blancs sur canson noir.

Retranscription du texte non pas sur un feuillet mobile, comme il est fréquemment fait, mais à même la dernière garde.

Le dos de seulement trois photographies est laissé apparent, tous trois portent la mention du photographe «A. C. BAUDELAIRE».

LE TRAVAIL POETIQUE – Ghérasim Luca

non daté [1962-1963], ex. unique.
– 36 p. ; 17 x 14 x 6 cm ; (17’) – album photo, 22 clichés ; exte autographe, «aux petits points», lettres capitales, encre blanche sur canson noir ; retranscription sur feuillet mobile, même technique.
– couv. basane chagriné noir ; 16 planches, carton fort ajouré.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 076 23.

Détails

Album photo de 16 planches de carton fort, ajourées de part en part (1 fenêtre par page).

Couverture de basane chagriné noir, nervuré au dos ; dorures sur l’intérieur des chasses ; loquet métallique entier et fonctionnel ; gardes en carton rigide, blanches avec motifs végétaux/floraux dorés.

22 photographies XIXe siècle dont 21 format carte de visite, et 1 plus grand format collée à la planche (et une collée sur Canson noir).

Textes autographes «aux petits points» blancs, lettres capitales, sur 8 feuillets de Canson granuleux noir format carte de visite (dont deux laissés vides), insérés dans les ajours ; sous les feuilles Canson noir (sauf première planche) feuilles fines, crème, avec texte identique (sauf retours à la ligne) à la mine de graphite, en capitales (non visible sans sortir les feuillets noirs des fenêtre).

Retranscription autographe du poème, à l’encre blanche, «aux petits points», avec ajout d’un paragraphe, sur feuillet mobile de Canson noir granuleux, même largeur (6,5 cm), plus long (14,7 cm), glissé entre la dernière page et la garde.

En tant que «sorcier poétique-politique» (L’Extrême-occidentale, José Corti, 2013, p. 14), Ghérasim Luca formule un continu entre ancrage amoureux et politique au sein du poème. Une tension tient le poème de part en part entre sa destination amoureuse, contractant un échange gratuit, non productif, et ses conditions d’exécution, dans un monde légiféré par l’échange marchand.

Transcription

«LE / TRAVAIL / POÉTIQUE /// ÉTANT / DESTINÉ À L’AIMÉE /// [canson vide] /// [canson vide] /// AU M’ONDE / FONDAMENTAL /// L’AMOUR / EST / INCOMPATIBLE /// AVEC LA LOI /// DE LA DISTRIBUTION DES MARCHANDISES /// [retranscription sur feuillet mobile :] LE TRAVAIL POÉTIQUE / ÉTANT DESTINÉ À L’AIMÉE / AU M’ONDE FONDAMENTAL // L’AMOUR EST INCOMPATIBLE / AVEC LA LOI DE LA / DISTRIBUTION DES / MARCHANDISES // REDUIT / À LA MISERE NOIRE / LE TRAVAILLEUR DE / FORCE CRIE / AUX ASSASSINS»

Références

La pastille collée en première garde nous montre que cet album est le n°17’. Il précède INDICIBLE INDICE CIBLE, n°18’. Une continuité s’installe entre ces deux albums : le premier discute la destination du poème à l’aimée, le second réalise cette déclaration.

Particularités

La retranscription manuscrite comporte un paragraphe supplémentaire par rapport au texte du corps de l’album.

FUMEURS ! – Ghérasim Luca

non daté [1962-1963], ex. unique.
– 58 p. ; 16 x 12 x 7 cm ; (7’) – album photo ; texte autographe, lettres capitales, mine de graphite sur canson crème.
– couv. chagrin vert ; 25 planches, carton fort ajouré.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 075 23.

Détails

Album photo de 25 planches de carton fort, ajourées de part en part (1 fenêtre par page).

Couverture de chagrin vert, chasses renforcées par une barrette de métal cuivré, tranches dorées ; fermoir métallique absent ; garde double, première en papier fin striée et gondolé, seconde en papier fin.

Photographies fin XIXe, format carte de visite ou plus petits formats (env. 6,5x4cm), différents portraits (hommes, femmes, bustes, plain-pied) ou détails de broderie et architecture ; nombreuses photos coloriées à gros traits.

Textes autographes en capitales à la mine de graphite sur 15 feuilles de papier Canson crème.

Certaines superpositions ont lieu entre papier Canson autographe et photographies de petit format : encadrement pris au format paysage, photos positionnées verticalement sur la gauche, laissant le texte visible sur la droite.

Ghérasim Luca se situe, non pas contre, mais hors de l’ordre, qu’il soit militaire ou religieux. Les références au paganisme du «DIEU-MOUCHE», comme la variation par la «GRANDE SOURDE», l’extraient des catégories attribuables pour se donner au «DÉSORDRE DES[…]ASTRES» qu’incarnent les figures de la ruine et le folklore éteint. L’album photo du XIXe siècle et les tirages qu’il contient véhiculent d’eux-même ce décalage recherché par Ghérasim Luca en présentant des objets hors-temps dans lesquels il s’intègre.

Transcription

«FUMEURS ! /// EN PASSANT /// DE /// L’,,ORDRE DES ASSASSINS” /// ’AU /// DÉSORDRE /// DES… /// ZZZZZ /// ZZZZZ /// ZZZZZ / DIEU-MOUCHE /// ZZZZZ / DIEU-MOUCHE [à moitié caché par la photo] /// ZZZZZ /// …ASTRES /// ECOUTEZ /// LA GRANDE SOURDE»

Références

Deux albums possèdent, à un point d’exclamation près, le même titre : FUMEURS et FUMEURS ! Les numéros 6’ et 7’ leurs sont respectivement attribués et tous opèrent des variations sur le même texte.

Il existe un dessin nommé «FUMEURS !» de Luca au Centre Pompidou, qui fait partie du coffret «la voix silanxieuse».

Remarques

L’album joue d’un fort ressort comique par l’association des photographies au texte. À la notation «L’,,L’ORDRE DES ASSASSINS’’» suit trois photographies de gradés de l’armée, une de chasseur avec sa proie et enfin celle d’un diacre.

«DIEU-MOUCHE» est une référence à Belzébuth, littéralement «dieu des mouches», reconnu dans le monde sémite.

La notation «EN PASSANT» est en vis-à-vis d’une photographie d’acrobates. Ce parallèle est typique de la pensée de Ghérasim Luca, où le travail du poème est envisagé comme un jeu d’équilibrisme et le «passage» comme le mouvement nécessaire, d’un état à un autre, par le poème.

La «GRANDE SOURDE» renvoie certainement à une variation de la «grande muette», périphrase de l’armée française. Cette expression appelle également certains traits de la pensée de Luca, notamment exprimés dans «Le Verbe», Le Chant de la carpe (éd. Le Soleil Noir, 1973), p. 34 : «nos corps miment la vie sourde / ou absente / de n’importe quel mot».

ŒDIPE SPHINX – Ghérasim Luca

non daté [1963-1970], ex. unique.
– 94 p. ; 19 x 13 x 4,5 cm ; (24’) – album de cartes postales, 44 cartes ; texte dactylographié sur papier lithographie Japon crème, Barjon de Moirans, Isère.
– couv. cartonnée rouge et marbrée ; 47 planches, papier fort gris avec encoches.
Fonds Ghérasim Luca, donation Micheline Catti ; inv. n° 072 23.

Détails

Album de cartes postales, 47 pages de papier fort gris, deux encoches à chaque coin.

Couverture cartonnée, rouge et marbrée, dorures, quatrième de couverture identique mais sans dorures ; dos, inscription «CARTES POSTALES».

44 cartes postales «ethniques» ou coloniales, début XXe siècle, issues de divers pays d’Afrique.

Texte dactylographié en majuscules et minuscules noires sur encarts de papier à lithographie Japon crème, Barjon de Moirans, Isère (filigrane partiellement visible), 14 x 5,5 cm.

Alternance irrégulière d’encarts vides et d’encarts dactylographiés ; texte manuscrit au crayon de graphite au dos de chaque carton dactylographié ; orientation du texte (paysage/portrait) relative à l’orientation de la carte adjacente ; texte systématiquement en vis-à-vis d’une carte postale, sauf le titre.

L’album ŒDIPE SPHINX pose la question du procès de Francfort – ou “deuxième procès d’Auschwitz” –, en vis-à-vis de photographies ethniques, traces encore chaudes de la colonisation en Afrique. Mais le crime historique ne se résorbe pas par son jugement. Ghérasim Luca figure cette impasse en slogan tautologique : «Ni pardon, ni châtiment, à perpétuité* / *Hiroshima… / Budapest… / Congo…»

Transcription

«OEDIPE SPHINX /// Au nom / des / hors-la-loi / d’hier /// au nom / des / hors-la-loi / d’aujourd’hui /// le rescapé d’Ausschwitz [sic] /// et le rescapé SS /// s’interrogent /// au tribunal de Francfort /// [double page de cartons vides] /// Comment condamner au nom de la loi /// le crime commis au nom de la loi /// et comment pardonner au nom de la loi /// le sang versé au nom du sang /// [double page de cartons vides] /// La question / dépasse la réponse /// et l’accusé, le box /// [double page de cartons vides] /// Ni pardon / ni châtiment / à perpétuité* /// Hiroshima… /// Budapest… /// Congo… /// Au nom / des / hors-la-loi / d’hier /// au nom / des / hors-la-loi / d’aujourd’hui /// le rescapé d’Ausschwitz [sic] /// et le rescapé SS /// [4 photos identiques en deux doubles pages consécutives] /// s’interrogent /// au tribunal de Francfort /// [double page de cartons vides] /// Comment condamner au nom de la loi /// le crime commis au nom de la loi /// et comment pardonner au nom de la loi /// le sang versé au nom du sang /// [double page de cartons vides] /// Ni pardon / ni châtiment / à perpétuité /// *Hiroshima… /// Budapest… /// Congo… /// [deux doubles pages de cartes] /// [dernière page = emboîtement de 4 morceaux de carton de part et d’autre du papier fort]»

Références

Texte issu des Paralipomènes (éd. Le Soleil Noir, 1976), «Œdipe Sphinx», p. 26-27.

Le texte est presque parfaitement identique à l’édition courante, jusqu’au respect exact des retours à la ligne et espacements – ici mis en scène par des sauts de page. Le texte est toutefois écrit deux fois à la suite dans l’album.

La seule différence est la notation «Ausschwitz», qui fait paraître le «SS» au cœur d’«Auschwitz», quand l’édition courante ne laisse qu’un «s».

Liste et origines des 44 cartes postales

19 phototypies, Dauvissat Paris, «Collection S.H.O» (Congo / Gabon), ca. 1929.

13 phototypies J. Bienaimé, «Missions des P. P. du Saint-Esprit».

2 Collection générale fortier, Dakar (Sénégal / Afrique occidentale).

1 «mission catholique» (Yoko,Cameroun), carte festonnée, bords blancs, papier glacé.

4 Editions HPA-QUI, Paris (Congo Belge), papier glacé, carte festonnée, les 4 photos sont identiques.

2 phototypies Gorce Phot. -édit, Paris (Gabon).

2 phototypies coll. A Courboin (Congo).

1 non identifiée.

Ghérasim Luca

Ghérasim Luca
La clef
[Paris : édité par l’artiste], 1960.
– 1 f. ; 44 x 28 cm. – Imprimé en typographie 1 couleur (noir).
inv. n° 008 08, inv. n° 039 24 et inv. n° 003 25

Ghérasim Luca
Passionnément
Genève et Paris : Editions Claude Givaudan, mai 1970. 1000 ex. numérotés.
Exemplaire n° 936.
– 1 disque souple 33 t (format 45 t).
– Dans 1 enveloppe blanche format : 18,5 x 18,3 cm, imprimée en typographie 1 couleur (noir).
inv. n° 009 08

Ghérasim Luca
[Vivant à ma façon au fond d’un puits…]
– 1 f. : 27 x 21 cm. Texte dactylographié sur papier filigrané «Marais médaille» ivoire.
Original d’une réponse à un envoi de George Brecht [circa 1965].
inv. 212 10. Don de Micheline Catti.

Ghérasim Luca
Courrier à Mieko Shiomi, en réponse à «Spatial Poem n° 8», 23 octobre 1974.
Texte en Français et Anglais.
– 2 f. ; 29,7 x 21 cm. – Dactylographie en noir sur papier blanc.
inv. n° 235 10 / 1 et 2. Don de Micheline Catti.

Ghérasim Luca
[Certificat de grand homme]
Courrier à Ben Vautier accusant de la réception de «Ben Dieu sa revue».
– 1 f. ; 27 x 21 cm. – Dactylographie en noir sur papier ivoire.
inv. n° 236 10. Don de Micheline Catti.

Ghérasim Luca
[Je vous envoie en échange…]
Courrier à Ben Vautier accusant de la réception d’une «Boîte mystère».
– 1 f. ; 27 x 21 cm. – Dactylographie en noir sur papier ivoire.
inv. n° 237 10. Don de Micheline Catti.

Ghérasim Luca
Courrier à George Maciunas, 22 février 1963.
– 1 f. ; 27 x 21 cm. – Dactylographie en noir sur papier ivoire.
inv. n° 243 10. Don de Micheline Catti.

Pol Bury
PONCTUATIONS
Ghérasim Luca
VERS LE NON-MENTAL
VERS LA PURE NULLITÉ

Catalogue.
Châtelet : Franz Jacob, [circa 1965].
– 16 p. agrafées ; 13,2 x 16,2 cm. – Imprimé en n/b sur papier couché semi-mat.
– Couverture imprimée noir sur carton blanc.
inv. n° 009 24

Ghérasim Luca
TAKING BODY
Texte.
in : revue antinarcissus, numéro spécial, Stephen Schwartz éditeur, San Francisco, hiver 1969 – 70.
Traduction en Anglais/ Américain du poème Prendre Corps.
inv. n° 010 24

Ghérasim Luca
Two Poems
[Milan] : alga marghen – Emanuele Carcano, 2009. 385 ex.
– 1 disque 33 t. dans une pochette imprimée en bleu, dans un étui en carton imprimé en noir
Face 1
Autres secrets du vide et du plein, 17’ 48’’
Face 2
Crimes sens initiales, 10’ 45’’
inv. n° 011 24. Don de Micheline Catti.

Ghérasim Luca
LA VOICI LA VOIE SILANXIEUSE
[Paris] : Librairie José Corti, 1997.
Mise en œuvre typographique de François Di Dio.
– 64 p. cousues ; 31 x 22 cm. – Imprimé en n/b et quadrichromie sur papier ivoire de fort grammage.
– Couverture à rabats imprimée en noir sur carton kromekote ivoire extérieur brillant et
intérieur mat.
inv. n° 023 24

Ghérasim Luca
Sept slogans ontophoniques
Paris : portfolio numéro quatre, Robert Altmann éditeur, 1963 – 1964. 50 ex.
Exemplaire n° 8.
– 8 p. ; 53 x 38 cm imprimées en typographie, en noir sur vélin de Rives de fort grammage.
– 4 p. ; 53 x 38 cm : 1 pointe sèche et 3 eaux-fortes, de Agustin Fernandez, Enrique Zeñartu,
Gisèle Celan-Lestrange, et Jacques Hérold, signées et numérotés, imprimées en noir
sur vélin de Rives de fort grammage.
– Dans 1 portefeuille à rabats en toile grenat. – Au premier plat supérieur, titre frappé en or.
inv. n° 028 24

Ghérasim Luca
LA FIN DU MONDE
Paris : Jean Petithory éditeur, 1969. 385 ex. avec un frontispice de Micheline Catti
dont 35 sur Rives, numérotés, comportant une pointe sèche de Micheline Catti
et une eau-forte de Ghérasim Luca. ; 350 ex sur papier offset acropole numérotés 1 à 350 ;
5 ex. nominatifs et 2 marqués A et B ; 30 ex marqués S.P. Exemplaire n° 340.
– 44 p. en feuilles ; 32,5 x 23,6 cm. – Imprimé en noir et n/b sur papier ivoire pâle.
– Jaquette à rabats imprimée en noir sur carton ivoire pâle.
inv. n° 030 24

Ghérasim Luca
NOUS VOUS DONNONS LE MOT
Paris : exactamo maison de mots [édité par l’artiste-auteur], 1960.
– 1 f. ; 21 x 13,5 cm. – Imprimé en typographie 1 couleur (noir) sur papier vert pâle.
inv. n° 009 25. Don de Micheline Catti.