Guillaume Perez

Surface (blanc), 2017. Bâche, clous. Dimensions variables

Guillaume Perez développe un travail de peinture dans lequel place importante
est donnée aux matériaux, ainsi qu’aux questions de rythmes et d’espace.
Qu’ils soient trouvés ou achetés et utilisés tels quels, les supports qu’il utilise
sont choisis pour leurs qualités matérielles et picturales, aussi, l’artiste joue
avec ces caractéristiques dans chacun des projets qu’il développe.
Présentée dans la salle des conditions atmosphériques, Surface (blanc) répond
à ces questionnements. En effet, l’artiste fait le choix de créer un damier sur le
sol de cet espace que le spectateur ne peut traverser et/ou expérimenter
physiquement à partir de bâches tressées blanches. Ou plutôt, supposées blanches.
Ces dernières changent de couleurs et se chargent de l’espace environnant : par
beau temps, ceux-ci se voilent d’un bleu léger, l’ocre des murs les jaunis, alors que
la pluie et la proche végétation vont progressivement les verdir durant tout l’hiver.

Alex Chevalier

Alex Chevalier

En regard des pratiques de l’art conceptuel et post-conceptuel, mais aussi en écho à celles de l’art minimal, je me suis toujours posé la question du rôle, de l’importance, de l’espace dans les pratiques contemporaines. Comment un espace, quel qu’il soit – public ou privé, extérieur ou intérieur – influe-t-il sur la pratique d’un artiste ? C’est en me posant cette question que très naturellement, j’en suis venu dans un premier temps à développer des projets curatoriaux, puis à écrire sur ces mêmes questions qui m’animent.
Dès mes premiers projets en tant que curator, j’ai fait le choix de travailler à partir d’un espace modeste, connu de tous et facilement reproductible, une feuille de papier A4. Dès lors, toute une série de questions se sont posées à moi : l’invitation, la production, la distribution, la réception… des questions, qui des années plus tard me semblent toujours d’actualité et ne cessent de m’animer.
Suite à l’invitation faite par Didier Mathieu à venir en résidence de recherche au CDLA à l’automne 2017, j’ai de suite voulu travailler sur deux pratiques spécifiques de l’édition, à savoir l’espace éditorial comme espace curatorial, et l’idée de l’auteur comme producteur de son propre espace. Dès le début de la résidence, je me suis donc fixé l’objectif de mener une recherche sur les différentes formes et enjeux que chacune de ces notions pouvaient créer – la première me conduisant alors vers un long travail d’écriture et de mise en place d’un répertoire des « livres/expositions « et la seconde vers une étude des formes mises en place par les artistes pour se créer des espaces de partage propres à leurs pratiques. Cette dernière donne alors suite à une exposition construite durant la résidence et présentée au CDLA.

 

Après l’obtention d’un DNSEP en art en 2013, Alex Chevalier a décidé, et ce, en regard d’une certaine histoire de l’art, mais également envers ses propres préoccupations, de mener une pratique artistique ainsi qu’une pratique curatoriale. En effet, s’interrogeant sur les lieux d’action et d’exposition des artistes ainsi que sur le rôle (et l’importance) de l’espace dans les pratiques contemporaines, Alex Chevalier développe une pensée péninsulaire qui considère chaque espace pour son potentiel conceptuel. Aussi, que ce soit ces espaces qu’il appelle «espaces quotidiens» (comme peuvent l’incarner la feuille de papier, le livre, la rue…), mais aussi les espaces dédiés à l’exposition (de type white cube), chacun est utilisé et travaillé selon les contraintes et possibilités curatoriales et intellectuelles que ce dernier offre.
Dans ce souci de travailler avec les artistes sur des formes de monstration spécifiques, chacun des projets qu’il met en place, trouve une forme qui varie selon le propos défendu dans chacun d’entre eux. Aussi, depuis 2012, Alex Chevalier a eu l’opportunité de mener des projets dans l’espace public (Hors Des Murs), sur des territoires familiers comme peuvent l’être la feuille A4 (Kontakt), le livre (Les Invisibles) ou encore le site internet (artmusicvideo), ainsi que dans des espaces dédiés à la monstration et aux rencontres avec un public (Répétition – Silence, Le Rythme des Choses…). Une pratique curatoriale qui se passe donc dans la réappropriation des espaces et par laquelle il provoque des rencontres artistes-artistes / artistes-publics / œuvres-espaces / corps-espaces et qui s’adaptent aux différentes contraintes (techniques, sociales, géographiques et économiques) que chacun des espaces imposent.

La cedille qui sourit

George Brecht
Robert Filliou
La cedille qui sourit
Texte : Johannes Cladders.
Mönchengladbach : Städtisches Museum, 1969. 440 ex. numérotés. Exemplaire n°143.
– 1 f. ; 15 x 19,5 cm, imprimée en noir sur carton kromekote 1 face argent.
– 4 p. ; 15 x 19,5 cm, imprimées en noir sur papier blanc mat.
– 10 f. ; 15 x 19,5 cm, imprimées en noir sur carton jaune.
– 4 f. ; 15 x 19,5 cm, imprimées en noir sur carton blanc.
– 4 p. ; 15 x 19,5 cm, imprimées en noir sur papier blanc mat.
– 2 f. ; 15 x 19,5 cm, imprimées en noir sur papier blanc mat avec 1 pré-découpe.
– 1 f. ; 15 x 19,5 cm, imprimée en noir sur carton kromekote 1 face argent.
Dans une découpe de forme rectangulaire pratiquée au coin supérieur gauche
des pages et feuilles vient se loger une boîte d’allumettes d’une marque courante en
Allemagne «HAUSHALTSWARE 5pf». A l’intérieur de cette boîte, 4 crochets à visser
en acier.
– 1 bloc de 5 feuilles collées en tête ; 15 x 12 cm (fac-similé du papier à lettre
de la «Non-école de Villefranche»
– Dans 1 boîte à couvercle à glissière (comme une boîte d’allumettes).
La mise en page du dessus du couvercle, imprimé en noir, jaune et rouge, reprend
celle de la boîte d’allumettes originale, sauf que le chiffre 5 (qui indique le prix de celle-ci : 5 pfennig) a perdu son trait horizontal, devenant une «cédille». Les crochets à l’intérieur de la boîte sont eux-mêmes des cédilles. En outre, ils rappellent de nombreuses œuvres de Robert Filliou, œuvres dont les différentes parties (souvent des planches en bois) sont mises ensemble avec ce type d’objet (notamment les Poèmes à suspense, The Upside Down World et le fameux Principe d’équivalence : Fait – Mal Fait – Pas Fait de 1969).
inv. n° 156 17

papier journal

n° 5 «Fun-Dangos»
Michael Gibbs, Anna Banana, Tony Pegotty, Carlos Ginzburg.
Maastricht : Fandangos, Gerd van Dijck directeur de la publication, [1974].
– 16 p. non reliées ; 44,5 x 29,5
– 16 p. non reliées ; 44,5 x 29,5 cm. – Imprimé en offset n/b sur papier bleu.
coll. cdla – inv. n° 022 02

Exposition  papier journal   All the News That’s Fit to Print.
au Centre des livres d’artistes
04/10/17 ➨ 27/01/18

 

papier journal


herman de vries
[die entscheidungen des dichters I]
[die entscheidungen des dichters II]
in : herman de vries. asiatische & eschenauer texte
bern : artists press, 1975. 50 ex. numérotés. exemplaire n° 40. portfolio.
– 2 f. arrachées à un quotidien ; 57 x 40 cm, l’une barrée de 2 larges traits en croix tracés au crayon feutre noir ; sur l’autre tout le texte est rayé au crayon feutre noir, seules les images restent visibles.
coll. cdla – inv. n° 117 01

All the News That’s Fit to Print.