claude rutault

Une pile chasse l’autre

CR1

CR2CR3CR4

inutile de parler du livre, chacun peut le consulter, le lire, il est là.

un mot sur ce qui est là mais pas dans le livre, la pile de tuiles et la pile de toiles. l’une et l’autre en attente. la pile de tuiles, blanchies à la chaux, sera déposée dans un courant du bassin d’arcachon côté cap-ferret fin septembre. l’une et l’autre de passage. une fois récupérées, les tuiles seront grattées pour récolter le naissain de l’huître, puis empilées jusqu’à l’année prochaine. à la fin de l’exposition les toiles exposées regagneront la pile, seront plus tard repeintes de la couleur d’un nouveau mur en vue de ré-actualiser la dé-finition/méthode, celle-ci ou une autre. ainsi de suite au fil du temps. des imprévus se produiront, les courants qui portent le naissain auront changé, il passera ailleurs, les toiles auront à faire bonne figure sur un mur de béton brut, il faudra les désagrafer et les recouvrir d’une nouvelle toile, brute. les toiles et les tuiles vivront de nouvelles aventures, une tempête bousculera les tuiles, les toiles rencontreront d’autres regards venus assister à l’un des moments de ce présent de la peinture en fuite perpétuelle.

cette rencontre entre toiles et tuiles dans le contexte de l’art est à la fois étrange et banale. ce n’est que ce qui se produit tous les jours, partout. elle n’est qu’un instantané, une parenthèse, un sujet d’archive. c.r. mai 2014.